L’EPS du futur existe déjà, nul besoin de prophétie : certains élèves et enseignants utilisent déjà, au quotidien et sur le terrain, outils, méthodes, capteurs et analyseurs bien mystérieux pour d’autres. Si eduquerer, c’est-à-dire élever, engage à (se) transporter, vers une condition d’acteur réfléchi, quelle place désormais pour le corps dans un monde où le virtuel et le réel se concurrencent ? Quelle culture, quels Savoirs du corps, tels que P. Arnaud les a énoncés il y a plus de 35 ans déjà, au sein d’une école dont l’objectif est la construction d’un citoyen et d’un Homme, inséré dans son temps ? Face à l’émiettement et la complexité des savoirs, expériences et expérimentations, individuelles et collectives, motrices et conceptuelles constituent l’avenir dont l’apprenant ne peut se passer. À la fois globale et locale, individuelle et collective, l’EPS deviendra-t-elle, à l’image du mouvement des makers, une éducation physique de soi dont l’objet serait la découverte par le faire, et la construction de soi par des interactions humaines, environnementales et philosophiques ? Réinventer l’expérience de la main et du geste, le groupe comme condition de l’expérimentation, l’interdisciplinaire comme modalité d’apprentissage, n’est-ce pas créer les conditions que surgissent de nouveaux philosophes, qui à leur tour, reconnaîtront en « leurs professeurs de gymnastique, leurs entraîneurs et leurs guides de haute montagne [ceux qui leur] ont appris à penser »1 ?

Dossier coordonné par G. Guironnet

 

 

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